Sud-Kivu-Santé: L’Action Sanitaire IMONA Santé Diabète,lance une campagne de sensibilisation axée sur la gestion du stress
Écrit par FiziMedia sur janvier 4, 2026
«Le diabète, une guerre silencieuse dans les zones de conflits armés à l’Est de la RDC».
Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo est secoué par une insécurité persistante, une autre crise, plus discrète mais tout aussi meurtrière, continue de faire des victimes : le diabète. Cette maladie chronique devient un véritable fléau dans les zones de conflits armés, où l’accès aux soins et aux médicaments vitaux est gravement compromis.
Face à cette situation alarmante, l’Action Sanitaire IMONA Santé Diabète, une organisation locale œuvrant pour l’encadrement des personnes diabétiques et du troisième âge dans la ville de Baraka et le territoire de Fizi, a lancé une campagne de sensibilisation axée sur la gestion du stress en période d’insécurité.
*La guerre, un facteur aggravant du diabète*
Selon IMONA Santé Diabète, la guerre aggrave considérablement le diabète en détruisant les chaînes d’approvisionnement en médicaments essentiels, notamment l’insuline.
Les conflits armés entraînent des pénuries sévères, une hausse vertigineuse des prix et, dans certains cas, une inaccessibilité totale aux traitements, exposant les patients à des risques mortels.
« Dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka, le diabète est devenu une cause indirecte de déplacements de populations, car certains malades fuient à la recherche de soins introuvables localement », explique Mwenebatù Useni Clovis, coordonnateur de l’Action Sanitaire IMONA.
*Pénurie de médicaments et effondrement des soins*
Les violences armées perturbent gravement les livraisons d’insuline et d’autres médicaments antidiabétiques. Cette situation rend les traitements rares, chers et souvent inaccessibles, surtout lors des périodes de recrudescence des combats dans le territoire de Fizi et la ville de Baraka.
L’absence de suivi médical régulier et de médicaments entraîne une hyperglycémie incontrôlée, exposant les patients à de graves complications telles que :
•les infections sévères,
les amputations (orteils, jambes),
•les insuffisances rénales,
les maladies cardiovasculaires.
*Une mortalité évitable mais persistante*
IMONA Santé Diabète alerte également sur l’augmentation des décès liés au manque d’accès aux soins. Des patients, notamment des enfants diabétiques, perdent la vie faute de médicaments et de prise en charge adéquate, alors que ces décès auraient pu être évités dans un contexte de paix et de stabilité sanitaire.
*Un lourd fardeau psychologique*
Au-delà des complications physiques, le diabète en contexte de guerre impose un stress psychologique extrême.
Les survivants des conflits, notamment les réfugiés congolais au Burundi, doivent gérer leur maladie chronique dans des environnements précaires, marqués par l’insécurité, la pauvreté et l’incertitude.
Des études indiquent que les personnes déplacées ou réfugiées vivant avec le diabète sont plus exposées à :
•la négligence médicale,
les infections non traitées,
•les complications physiques extrêmes,
les amputations.
*Un appel à l’action*
À travers cette campagne de sensibilisation, l’Action Sanitaire IMONA Santé Diabète appelle les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires et les organisations internationales à intégrer la prise en charge du diabète dans les réponses d’urgence humanitaire, particulièrement dans les zones de conflits armés.
Car dans l’Est de la RDC, la guerre ne se manifeste pas seulement par les armes, mais aussi par des maladies chroniques laissées sans réponse, transformant le diabète en une guerre silencieuse aux conséquences dévastatrices.
fizimedia.ca