Itombwe : une résurgence meurtrière du choléra met à rude épreuve le système de santé local
Écrit par FiziMedia sur mars 28, 2026
La zone de santé d’Itombwe, située dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, fait une nouvelle fois face à une épidémie de choléra en pleine expansion.
Dans un contexte déjà fragilisé par l’isolement et les conséquences des conflits, la situation sanitaire se détériore rapidement, exposant gravement les populations et le personnel soignant.
Selon des sources concordantes à l’Hôpital Général de Référence d’Itombwe, actuellement opérationnel en déplacement à Kipupu, plusieurs villages sont durement touchés.
Il s’agit notamment de Kiseke et Tumungu dans l’aire de santé de Kipupu, ainsi que Lubunga, Malanda, Tubangwa et Nalubombeko dans l’aire de santé de Malanda, situés respectivement dans les groupements Basimukindji 1er et Bashimwenda.
Le bilan provisoire arrêté à ce samedi 28 mars 2026 fait état de plusieurs cas préoccupants. À l’Hôpital Général de Référence d’Itombwe, quatre personnes sont actuellement prises en charge, dont une matrone du poste de santé de Kiseke. Dans la communauté, la situation est encore plus alarmante : plus de 20 cas ont été recensés avec trois décès d’enfants de moins de cinq ans, ainsi que 15 cas supplémentaires parmi les adultes, dont deux décès.
Cette flambée épidémique intervient dans un contexte marqué par une pénurie aiguë de médicaments, un accès quasi inexistant à l’eau potable et une absence criante de mesures barrières. L’isolement de la zone complique davantage l’acheminement des intrants médicaux et la mise en œuvre d’une riposte efficace.
Grâce à l’appui ponctuel de certaines organisations humanitaires, notamment Médecins du Monde et People in Need, quelques intrants tels que des solutions de réhydratation et des consommables ont pu être fournis. Toutefois, ces ressources restent largement insuffisantes face à l’ampleur de l’épidémie. Le personnel médical travaille dans des conditions extrêmement précaires.
Selon le médecin Sodi Akili entendu au micro de la radio communautaire Itombwe, les soignants ne disposent d’aucun équipement de protection individuelle :
ni blouses, ni bottes, ni masques, ni lunettes.
Plus inquiétant encore, aucun centre de traitement du choléra n’a été mis en place.Les malades sont pris en charge à même le sol, dans des salles partagées avec d’autres patients, augmentant considérablement les risques de contamination.Cette nouvelle flambée n’est pas un cas isolé.
Entre décembre 2025 et janvier 2026, les aires de santé de Kitopo et Lubumba avaient déjà été frappées par une épidémie similaire, causant plusieurs pertes en vies humaines. Aujourd’hui, la propagation se poursuit dans une indifférence jugée inquiétante par les acteurs locaux.
Face à cette urgence sanitaire, la société civile d’Itombwe lance un appel pressant aux autorités sanitaires, aux partenaires humanitaires et à toutes les personnes de bonne volonté.
Elle plaide pour une intervention rapide et coordonnée, incluant l’acheminement de médicaments et d’intrants médicaux, l’équipement du personnel soignant et la mise en place de structures adaptées pour la prise en charge des malades.
Sans une réponse immédiate, les acteurs locaux redoutent une catastrophe humanitaire majeure dans cette région déjà éprouvée.
Famure FARAJA
fizimedia.ca