Sud-kivu: LE DIALOGUE INTER COMMUNAUTAIRE QUI S’EST TENU À UVIRA/SUD-KIVU DU 25 AU 28 JUIN 2019, L’UNE DES SOLUTIONS POUR UNE PAIX DURABLE. MAIS IL FAUDRAIT PENSER AUX FONDEMENTS DE LA PAIX DURABLE DANS NOTRE PROVINCE DU SUD-KIVU,EUGÈNE MUBALAMA DONNE SA CONTRIBUTION
Écrit par FiziMediaCongo sur juillet 3, 2019
Par David Aluta

Avant d’entamer notre réflexion sur les conditions d’une paix durable, il nous faut d’abord cerner la notion même de paix. Certains même diraient que la paix est un idéal social et politique, certains la définiraient comme une valeur, d’autres comme un état de tranquillité et de quiétude.
Certains diraient que c’est l’absence de guerre ou de violence, alors que d’autres la verraient comme un objectif. Je pense qu’il ya un peu de tout cela, et c’est pourquoi je m’associerais pour ma part à ceux qui pensent que la paix est une construction permanente, un processus, une dynamique où l’on s’efforce d’inventer constamment des moyens d’action pour construire ou maintenir l’harmonie ou un intérêt commun parmi la multitude d’acteurs différents au sein de la société. http://www.fizimedia.com
Mais face à la quasi permanence du couple conflit-paix à travers l’histoire humaine,et pour réaliser cette vision constructive de la paix, je crois qu’il nous faut identifier certains facteurs pouvant favoriser ou compromettre l’harmonie sociale ou l’intérêt commun. Il s’agit des phénomènes sociaux qui mérite notre attention puisqu’ils sont capables d’introduire le déséquilibre ou la violence dans le fonctionnement interne de notre province. Je vais en relever quelques uns brièvement à titre illustratif.
Premièrement, la problématique de l’accès aux ressources naturelles dans sa globalité. Qu’il s’agisse de leur partage, de leur contrôle ou de leur dégradation due à l’exploitation intense, ces ressources de moins en moins abondantes sont source des tentions qui empoisonnent les relations sociales. Des tentions qui peuvent dégénérer en émeute locale, guerre civile ou même en conflit. Ici la paix c’est de travailler pour faire en sorte que chacun ait accès et jouisse de ses ressources.
Deuxièmement,la cohabitation des communautés différentes. Ici l’identité culturelle, exprimée à travers la langue, la religion et l’appartenance ethnique, est employée comme élément qui sert à définir l’ennemi ou à se définir comme la victime. Les conflits culturels peuvent également se faire jouir en termes de résistance d’un groupe s’estimant dominé contre une culture dominante.
La promotion de la paix devrait donc passer par l’éducation à la reconnaissance de toutes ces identités, de toutes ces différences comme des parties d’une même famille.
Troisièmement, la promotion du développement. Accéder au minimum vital(éducation, santé, travail) c’est accéder à la dignité humaine. L’éducation, la santé et le travail sont des ingrédients essentiels de cette dignité humaine. Sans quoi, l’être humain vit de frustrations qui peuvent mener à la violence. S’eduquer ne veut pas dire seulement acquérir des connaissances, mais aussi s’initier aux valeurs humaines et sociales. On apprend ainsi à respecter et à s’enrichir des différences.
Par ailleurs, on ne peut pas envisager sereinement l’avenir quand on ne jouit pas d’une bonne santé. Car dit-on « le travail valorise et crée de la valeur ».
Quatrièmement, la gouvernance ou la bonne gestion politique de la chose publique et respect des droits humains. Il s’agit de la capacité pour lEtat et ses institutions de maintenir la paix civile et d’assurer le contrôle démocratique, notamment en faisant en sorte que les détenteurs du pouvoir ne puissent pas s’approprier de manière exclusive les ressources politiques et économiques au détriment de la population civile ou de la communauté. Mais malheureusement on assiste souvent aux mêmes maux qui alimentent les tentions: corruption, ethnocentrisme, violations de droits des individus,….l’enjeu est donc de garantir la justice et l’équité sociales comme fondement de la paix.
Cinquièmement, le bien être socio-psychologique. Faire les chantiers de la paix: ré insertion sociale, réparation socio-psychologique, réhabilitation, pardon ou réconciliation.