RDC- Massacre de Épúpù : voici le mémorandum d’Agora des Jeunes Intellectuels de Fizi (AJIF) adressé au Chef de l’État
Écrit par FiziMediaCongo sur juillet 24, 2020
MEMORANDUM ADRESSE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO POUR DENONCER LE MASSACRE PERPETRE PAR LA COALITION GUMINO-TWIRWANEHO-ANDROID ET LEURS ALLIÉS EN DATE DU 16 JUILLET 2020 DANS LE VILLAGE D’EPUPU, CHEF-LIEU DU SECTEUR D’ITOMBWE.

Nous, Agora des Jeunes Intellectuels de Fizi, AJIF en sigle, sommes profondément choqués et inquiets des massacres à répétition perpétrés contre les populations civiles par la coalition Gumino-Twirwaneho-Android et leurs alliés dans les hauts plateaux des territoires de Fizi-Uvira-Mwenga(Itombwe) surnommé triangle de mort.
En guise de rappel, nous citons le massacre des femmes et enfants des militaires FARDC dans le village de CHAKIRA par la même coalition pour ne citer que cela.
Nous recevons avec beaucoup d’inquiétude et grande tristesse les nouvelles qui nous arrivent des hauts-plateaux de Fizi-Itombwe.
Après Monitoring et documentation, l’Agora des Jeunes Intellectuels de Fizi est au grand regret d’affirmer que ces nouvelles font état des comportements inciviques et des violations graves des droits de l’homme entrainant mort des personnes, le déplacement massif des populations, pillages systématiques des biens (vaches, chèvres et autres), incendies et destruction méchante des maisons, de structures sanitaires et bureaux étatiques.
En effet, en date du 16 juillet 2020, la même coalition des groupes armés Gumino-Twirwaneho-Android et leurs alliés ont fait incursion dans le village d’EPÙPÙ, chef-lieu du Secteur d’Itombwe en Territoire de Mwenga et massacré les paisibles citoyens aux coups de machette et ont fait brûler vives les autres populations civiles dans des maisons, tout en incendiant aussi le bureau administratif du Secteur d’Itombwe.
Plus grave encore, ces mêmes inciviques ont sauvagement tué le Chef du même village, en la personne de feu Chadrack MCINDE’WA.
Ce comportement ignoble de tueries des chefs coutumiers par les différents groupes armés d’obédience rwandophone n’a d’autre leitmotiv que de faire disparaitre petit à petit l’histoire de cette zone aux générations futures en vue de matérialiser le plan diabolique d’occupation de nos espaces ancestraux.
Déjà, cette stratégie de nos ennemis s’accompagne par la dératisation de beaucoup de nos villages par des noms déformés de nos villages assimilés aux prononciations rwandaises.
À lire aussi 🖓🖓
Les traces de cette malignité déjà connue de nous tous remontent par le passé car ils ont tué beaucoup de nos chefs coutumiers et leaders traditionnels (Cfr. les feus sa Majesté HENRI SPACK, Pasteur NDULU, KAWAZA et autres).
En outre, nous précisions que:
La guerre dans les hauts-plateaux de Fizi-Uvira-Mwenga (Itombwe) est belle et bien une guerre intercommunautaire contrairement aux discours et propagandes politiques mensongères des politiciens qui,de près ou de loin,incitent leurs communautés à la violence;

#sud-kivu: La marche pacifique tenue dans la ville de Baraka Aujourd’hui exigeant le départ de la MONUSCO.
Cette guerre oppose d’une part les groupes armés coalisés des tribus Babembe, Fuliru et Nyindu appelés Mai-Mai aux groupes armés coalisés de la communauté Banyamulenge appelés coalition Gumino-Twirwaneho-Android pilotée par Michel RUKUNDO MAKANIKA, Officier déserteur des FARDC et leurs alliés (RED TABARA, FOREBU, etc.);
La présence des camps de réfugiés burundais à Lusenda en Secteur de Tanganyika et Mulongwe en Secteur de Mutambala (tous deux en Territoire de Fizi) constitue un pont entre les groupes armés burundais (RED TABARA, FOREBU, FNL) et leur pays d’origine et les mêmes camps constituent les bases-arrières non seulement de ces groupes armés étrangers mais aussi des groupes armés nationaux car le recrutement des combattants s’y fait par toutes les deux parties aux conflits malgré les alertes des différentes faitières des sociétés civiles locales;
Au regard de tous ces autres paramètres qui ont déjà émaillé cette guerre; surtout l’entrée en cadence des forces armées et groupes armés étrangers (Burundi, Rwanda, Ouganda, etc.) soit directement, soit indirectement à travers des forces interposées; elle est entrain de perdre son caractère intercommunautaire pour se muer en une guerre de balkanisation de notre pays.
Toutefois, ce qui s’est passé dans le village d’EPÙPÙ est inadmissible. Nous dénonçons et condamnons avec force et dernière énergie ce énième massacre dont nous sommes victimes de la part des prétentieux ravisseurs de nos terres.
En plus, nous regrettons et condamnons l’inaction et la passivité de la MONUSCO dans cette affaire de massacres étant donné qu’elle a ouvert un camp à Mi’enge qui héberge les personnes déplacées issues de la seule communauté des Banyamulenge tout en abandonnant à leur triste sort les déplacés des autres tribus. En plus, la coalition GUMINO-TWIRWANEHO-ANDROID se sert de ce camp des déplacés des Banyamulenge comme leur base-arrière et la preuve en est que les armes ont été retrouvées dans ce camp aux mains des jeunes Banyamulenge bien identifiés comme éléments de ces mouvements rebelles coalisés susmentionnés et n’ont jamais été condamnés, ni poursuivis par la justice.
A la grande surprise tous ces jeunes armés ont été récemment libérés. Il en est de même pour les FARDC qui ont abandonné le Chef-lieu du Secteur d’Itombwe pour se cantonner dans le seul village de Mi’enge, abandonnant ainsi les populations civiles des autres tribus à la merci de ces sanguinaires rwandophones dirigés par MAKANIKA.
En guise de conclusion, l’AGORA DES JEUNES INTELLECTUELS DE FIZI, AJIF en sigle, dit NON NON NON à une énième série de massacres dans les hauts-plateaux de Fizi-Itombwe et croit que la restauration d’une paix durable est encore possible dans cette zone déjà reconnue sous l’appellation de “triangle de mort” (Fizi-Mwenga-Uvira) en particulier et toute la province du Sud-Kivu en général si le Gouvernement congolais décide de s’impliquer impartialement à identifier la genèse et les causes profondes de la guerre entre les tribus et communautés qui ont jadis longtemps cohabité ensemble.
L’AGORA DES JEUNES INTELLECTUELS DE FIZI réitère son vœu à la traque sans complaisance de ces inciviques avec détermination et loyauté pour épargner la population civile d’une énième cohorte de massacres et recommande ce qui suit:
A la communauté internationale:
Le retrait immédiat et sans condition de la MONUSCO dans l’espace Fizi-Itombwe car elle devient partiale et inactive.
Il y a plus de vingt ans qu’elle est en RDC, cette force onusienne a démontré toute son incapacité à protéger les civils aux côtés des FARDC et de la PNC;
Que l’HCR délocalise le plutôt possible les camps des réfugiés Burundais de Lusenda et Mulongwe dans le Territoire de Fizi loin de l’espace Fizi-Itombwe;
Faire un appel aux organisations humanitaires afin de venir en aide à la population civile victime des guerres à répétition qui présente un énorme besoin en vivres et non vivres. Au gouvernement Congolais:
Traquer avec dernière énergie et ferme détermination tous les groupes armés tant nationaux qu’étrangers opérant dans le triangle de mort (Uvira-Fizi-Mwenga);
Restaurer un Etat de droit par le respect et la protection des autorités coutumières ;
Traduire en justice tous ces inciviques impliqués dans des massacres et tueries de la population civile, pillage, destruction des maisons et biens publics (écoles, bureaux administratifs et structures sanitaires);
Créer un climat de paix rassurant la protection des civils pour favoriser le retour des déplacés dans leurs villages respectifs;
Identifier les politiciens du Sud-Kivu impliqués de près ou de loin dans ces guerres qui n’ont fait que trop durer afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.
Traduire en justice tous les officiers des FARDC qui ont failli dans leur mission de protéger des civils et leurs biens du fait d’être guidés par leur appartenance ethnique et/ou corruption.
Aux groupes armés opérant dans les hauts-plateaux de Fizi-Uvira-Mwenga:
De déposer les armes et rejoindre les FARDC ou la PNC pour servir sous le drapeau national;
De mettre fin aux tueries de la population civile.
Fait à Baraka, le 24 Juillet 2020
Pour AJIF,
M’CIMBWA ICUKWE Mickson Coordonnateur.