Sud-Kivu : la SOCICORDC dénonce la recrudescence des violences armées et graves violations des droits humains dans les hauts plateaux d’Uvira et Fizi
Écrit par FiziMedia sur décembre 21, 2025
La situation sécuritaire demeure alarmante dans les hauts et moyens plateaux du territoire d’Uvira et Fizi, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Selon un rapport de monitoring sécuritaire circonstanciel publié par la Société Civile des Compatriotes Congolais (SOCICORDC), de violents affrontements impliquant plusieurs groupes armés et des groupes d’auto-défense ont entraîné des pertes en vies humaines, des pillages et de nombreuses violations des droits humains au cours du mois de décembre 2025.
D’après ce rapport, le 15 décembre, des combats d’une rare intensité ont opposé les groupes armés Twigwaneho, Android, Gumino, Red Ntabara, FNL et M23 dans plusieurs localités de la chefferie des Bavira, notamment Muravya, Masango, Bijombo, Mitamba et Kateja. Les mêmes groupes se sont ensuite affrontés aux groupes d’auto-défense Wazalendo dans les villages de Rugogo, Munanira, Kirungu, Kayaja et Kibenge, plongeant les populations civiles dans une situation de peur et de déplacements forcés.
Le rapport indique également que le 17 décembre 2025, les rebelles du M23 ont amorcé un retrait partiel de la ville d’Uvira en direction de Kamanyola, Bukavu et de la plaine de la Ruzizi. Toutefois, ce retrait n’a pas mis fin aux violences. Le 18 décembre, de nouveaux affrontements ont été signalés dans les localités de Makobola 2 et Kasekezi, dans le territoire voisin de Fizi, opposant le M23 et ses alliés aux groupes Wazalendo.
Plus inquiétant encore, la SOCICORDC rapporte que le 20 décembre, certains éléments du M23 se seraient déguisés en policiers, tandis que d’autres se sont redéployés vers Kamanyola et Bukavu, une situation qui accroît la confusion sécuritaire et la vulnérabilité des civils.
Les conséquences humanitaires et sécuritaires sont lourdes. Plusieurs biens de valeur ont été pillés et des pertes en vies humaines ont été enregistrées. Des violations graves des droits humains ont été documentées dans les localités de Luvungi, Sange, Kiliba, Biriba, Runingu, Bwegera et Shange.
Par ailleurs, le site volontariste agricole de Bwegera continue d’être la cible de pillages attribués aux rebelles du M23, aggravant l’insécurité alimentaire dans la région.
Face à cette situation, Kelvin Bwija coordinateur de la SOCICORDC, appelle le gouvernement congolais à prendre des mesures urgentes pour assurer la protection des civils et de leurs biens, renforcer la présence de l’armée et de la police dans les zones sensibles, et assurer une prise en charge adéquate des déplacés internes et des réfugiés, notamment ceux hébergés au camp de transit de Gatumba. L’organisation recommande également la relance des négociations avec l’AFC-M23 dans le cadre du processus de paix de Doha afin de parvenir à une solution pacifique et durable.
De son côté, la SOCICORDC exhorte l’AFC-M23 à cesser immédiatement les hostilités et les violations des droits humains, à se retirer des zones civiles et à libérer les territoires occupés, tout en réactivant les pourparlers de paix avec le gouvernement congolais.
Alors que les populations civiles continuent de payer le lourd tribut de ce conflit persistant, la société civile insiste sur l’urgence d’une réponse sécuritaire et humanitaire coordonnée pour éviter une aggravation de la crise dans cette partie du Sud-Kivu.
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