Baraka : face à la montée de la justice populaire, la SOCICORDC appelle au respect strict de la loi

Écrit par sur mars 8, 2026

La ville de Baraka, dans la province du Sud-Kivu, fait actuellement face à une recrudescence inquiétante des cas de justice populaire. En l’espace de quelques jours seulement, au moins deux incidents ont déjà été signalés dans différents quartiers de la ville.

Selon des sources locales, ces actes ont été enregistrés successivement le 2 mars 2026 au quartier Alenga Nord, dans la commune d’Alùndja, puis le 3 mars 2026 au quartier Alenga Sud, dans la commune de Baraka-Centre. Les victimes ont été prises à partie par la population à la suite de soupçons alimentés par des rumeurs persistantes.

Un autre cas similaire a été signalé le jeudi 5 mars 2026 au quartier Moma Kasaswe, communément appelé Bandro. Cette fois-ci, la victime présumée a pu échapper à la vindicte populaire grâce à l’intervention rapide de certains citoyens responsables qui ont empêché que la situation ne dégénère.

D’après plusieurs témoignages, ces actes seraient alimentés par une rumeur largement répandue dans la ville, selon laquelle certaines personnes seraient impliquées dans la disparition mystérieuse des organes génitaux masculins. Une rumeur qui, selon plusieurs observateurs, alimente la psychose au sein de la population et pousse certains habitants à se faire justice eux-mêmes.

Face à cette situation préoccupante, la Société civile des compatriotes congolais (SOCICORDC) a fermement condamné ces actes. Par la voix de son président urbain, Kakozi Tchakubuta Jojongonda, l’organisation appelle la population au calme et au respect strict des lois de la République.

« La justice populaire n’a pas sa place dans notre pays. Les caractères, l’attitude ou même le physique d’une personne ne sont pas des preuves qu’elle soit brigande ou sorcière. Lorsqu’une personne est suspectée, il est important de saisir les instances compétentes telles que l’ANR, la PNC ou les FARDC afin que les dispositions nécessaires soient prises », a-t-il déclaré.

Le responsable de la SOCICORDC insiste également sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre les habitants.

« On ne peut pas punir une personne sans preuves tangibles. Jusqu’à présent, aucune preuve n’a été présentée par les prétendues victimes. Toutes les personnes interrogées affirment que leurs organes sont toujours présents. Tout acte de suspicion doit être traité par la justice dans le strict respect des lois du pays », a-t-il ajouté.

Il convient de rappeler que cette rumeur liée à la disparition mystérieuse des organes génitaux n’est pas un phénomène isolé. Des cas similaires ont été signalés dans certaines provinces voisines du Sud-Kivu, où plusieurs personnes ont également échappé de justesse à des actes de justice populaire.

La SOCICORDC appelle ainsi les autorités et la population à privilégier les voies légales afin d’éviter que des innocents ne soient victimes de violences basées sur de simples rumeurs.

Famure FARAJA
fizimedia.ca


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