En acceptant l’offre de Kabila, Félix qui n’avait aucune idée claire des enjeux du moment, a naïvement cru qu’il avait réalisé le coup du siècle.

Écrit par sur septembre 22, 2019

Par la rédaction

En réalité, n’étant plus en mesure de sauver sa peau, Kabila a préféré céder sa place à quelqu’un qui pouvait l’aider à continuer à diriger la RDC, tout en restant dans l’ombre.

Pour Kabila, il s’agissait de desserrer l’étau dans lequel il se trouvait et éviter soit la mort soit la prison pour tous les abus que son régime avait commis.

Pour Félix c’était la chance inespérée d’avoir le pouvoir que l’élection ne lui avait pas donné et en même temps d’éviter la mort politique qui se profilait à l’horizon après ses démêlés avec ses amis de Lamuka.

Mais sans le savoir, Félix venait de mettre le pied dans un piège mortel que lui-même et ses partisans ne percevaient pas encore.

Pour comprendre ce piège il faut savoir que Kabila s’étant brouillé avec ses alliés occidentaux, il avait cherché refuge chez les chinois et les russes dont il espérait qu’ils le protégeraient contre ses anciens amis.

Tout ce qu’il a pu obtenir des chinois et russes c’est un sursis qui lui a permis de rester 2 années supplémentaires à la tête du pays. Après il n’était plus possible de continuer à soutenir un Président qui ne respectait pas la Constitution de son pays et qui était accusé de graves crimes contre son peuple.

Contraint d’organiser les élections, Kabila a néanmoins reçu de ses nouveaux amis eurasiatiques la promesse de soutenir la personne qu’il désignerait pour le remplacer. Peu importe la manière dont les élections seraient organisées, le vainqueur serait soutenu par ses amis.

Pour faire passer son candidat, Kabila n’a pas lésiné sur les moyens. CENI, Cour constitutionnelle, Gouvernement, tous les services de l’État ont été mis à contribution pour assurer la victoire du remplaçant de Kabila. Et pour maximiser les chances, des contacts souterrains ont été pris avec l’udps et l’unc pour un partage du pouvoir après la victoire du dauphin.

Mais, contre toute attente et malgré tous les moyens mis à sa disposition, le dauphin Shadary n’a pas réussi à contrer la terrible offensive menée par les acteurs pro-occidentaux derrière un Fayulu conquérant.

Placé dos au mur après cette débâcle électorale, Kabila va d’abord penser à négocier avec Fayulu, le vainqueur de l’élection, puis, devant l’intransigeance de celui-ci, il va se rabattre sur Félix pour lui proposer la Présidence en se réservant tous les autres leviers du pouvoir.

LE DILEMME

Félix a la présidence promise par Kabila mais peut-il laisser celui-ci contrôler tous les autres organes du pouvoir comme le prévoyait leur entente? Voilà le dilemme qui déchire Félix et ses partisans.

Respecter cette entente, c’est se mettre à dos la population congolaise et l’occident. Ne pas la respecter c’est défier Kabila et ses hommes de main qui conservent à ce jour une énorme capacité de nuisance.

Devant ce dilemme, Félix hésite, consulte, cherche des appuis. Ce qui explique entre autres le retard mis dans la formation du Gvt.

Kabila de son côté comprend que Félix cherche à le lâcher mais n’a pas le courage de l’affronter ouvertement. Les nominations à la GCM et à la SNCC sont explicites. Il lui faut rapidement trouver une solution de rechange s’il veut éviter de se voir flouer par un partenaire imprévisible.

Écarter Félix ou l’éliminer pourrait créer un vide juridique préjudiciable à ses intérêts et à ceux de ses soutiens. Il faut rapidement combler ce vide en plaçant à la tête du Sénat un proche qui ne pourrait pas négocier avec les occidentaux sur son dos. Bahati n’est pas qualifié pour la fonction. Il a toujours été assez proche des milieux occidentaux.

Thambwe par contre peut jouer le rôle car il est lui-même en froid avec ses mentors occidentaux à cause de son rôle dans les exactions et les dérives du régime Kabila.

Son élection au Sénat a permis à Kabila de refermer complètement son piège autour de Félix. Il sait maintenant que si celui-ci quitte le pouvoir, c’est un de ses fidèles qui prendra sa place.

L’idée ce n’est pas de destituer Félix ni de l’empêcher de travailler. Kabila sait que pareille solution ne passerait pas dans l’opinion.

L’idée derrière l’élection de Thambwe c’est de dire à Félix: fini la récréation. Tu es avec moi ou tu es avec mes adversaires. Si tu continues ton jeu sournois avec mes adversaires, quelque chose peut t’arriver à tout moment (accident, maladie, infirmité…) et le pouvoir reviendra automatiquement à un de mes hommes, donc moi je ne perdrai rien. Par contre c’est toi qui auras tout perdu.

Si tu veux sauver ta peau tu n’as pas d’autres choix que de respecter notre accord et dans ce cas, tu sors rapidement le Gouvernement et tu travailles avec mes hommes comme nous avons convenu.

Pris au piège, Félix est dans l’embarras le plus total. Il a l’impression que quoi qu’il fasse, un mauvais sort pourrait s’abattre sur lui. Satisfaire Kabila, c’est chercher la guerre avec la population et les occidentaux. Lui tourner le dos, c’est exposer sa vie et celle de ses proches.

De la décision qu’il prendra dans les jours à venir dépendra le sort de 80 millions de congolais.

Dossier à suivre…
(Tiré d’une source proche de l’udps)


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