Itombwe au bord de la catastrophe : le choléra progresse, les morts augmentent
Écrit par FiziMedia sur janvier 7, 2026
Une grave crise sanitaire secoue actuellement la zone de santé d’Itombwe, dans la province du Sud-Kivu. Une épidémie de choléra, apparue il y a seulement quelques jours, se propage à une vitesse inquiétante dans plusieurs villages reculés, faisant déjà de nombreuses victimes.
Selon des sources sanitaires locales, 52 cas de choléra ont été confirmés, avec au moins 9 décès enregistrés, parmi lesquels des femmes, des enfants et des nourrissons. Les villages de Kabumbu, Miki, Lubumba et Kitopo sont les plus touchés.
Derrière ces chiffres alarmants se cachent des familles endeuillées, des enfants orphelins et des communautés entières plongées dans l’angoisse.
*Kabumbu, épicentre de l’épidémie*
Le village de Kabumbu, situé dans l’aire de santé de Kitopo, concentre à lui seul plus de 45 cas et 5 décès enregistrés en une semaine. Les structures sanitaires locales, notamment les centres de santé de Miki et le centre hospitalier de Kitopo sont débordées et totalement à court de médicaments essentiels.
Faute de soins appropriés, les malades se déplacent d’un village à l’autre à la recherche d’une prise en charge inexistante, accélérant ainsi la propagation de la maladie. Une situation qui laisse craindre des décès en cascade si aucune intervention urgente n’est engagée.
*Une zone enclavée et vulnérable*
La zone de santé d’Itombwe est totalement enclavée, sans accès routier. Les communautés vivent dans des conditions extrêmement précaires, sans eau potable, sans latrines adéquates et sans matériel de prévention. Les populations autochtones de la forêt d’Itombwe, déjà fragilisées par la pauvreté et l’isolement, se retrouvent aujourd’hui abandonnées face à une urgence vitale.
Sans traitement rapide, le choléra peut tuer en quelques heures par déshydratation aiguë. Des patients meurent actuellement sous les yeux impuissants de leurs proches, faute de sérums, d’antibiotiques et de sels de réhydratation orale.
*Une fenêtre d’espoir encore possible*
Malgré la gravité de la situation, une réponse rapide reste possible. L’aérodrome de Miki est opérationnel et constitue une voie d’accès immédiate pour l’acheminement des médicaments. Avec un appui logistique et financier minimal, les intrants médicaux pourraient parvenir sur le terrain en moins de 48 heures, permettant de stopper la propagation et de sauver des vies.
*La mobilisation communautaire face au manque de moyens*
Face à l’urgence, la population locale s’est déjà mobilisée. Des cotisations communautaires, bien que très modestes (entre 2 000 et 10 000 FC), sont organisées pour tenter d’acheter quelques médicaments à Uvira. Des hommes et des femmes se disent prêts à marcher jour et nuit sur de longues distances pour acheminer les médicaments depuis Kipupu, Magunda et Mikenge vers les centres de santé affectés.
Des ressortissants de la région vivant à Uvira ont même identifié des transporteurs disposés à intervenir, à condition de bénéficier d’un appui financier minimal. La volonté est réelle, mais les moyens restent cruellement insuffisants.
*48 à 72 heures décisives*
Les prochaines 48 à 72 heures seront déterminantes. Sans intervention immédiate, le nombre de cas pourrait doubler, voire tripler, transformant cette épidémie en catastrophe humanitaire majeure.
« Chaque minute compte. Chaque retard coûte des vies. Agissons maintenant pour sauver des vies », lancent les acteurs locaux.
fizimedia.ca