Réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie : la NSCC dénonce une gestion opaque de 3 millions USD
Écrit par FiziMedia sur janvier 12, 2026
La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Coordination Provinciale du Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de manœuvres opaques et inquiétantes dans la gestion des fonds destinés à l’assistance des réfugiés congolais vivant au Burundi et en Tanzanie.
Dans un message de dénonciation rendu public ce lundi 12 janvier 2026, la NSCC pointe de graves irrégularités dans la gestion d’une enveloppe nationale de trois millions (3 000 000) de dollars américains, convoyée par la Ministre nationale des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Madame Eva Bazaiba.
*Une répartition jugée injustifiée et déséquilibrée*
Selon les informations détenues par la NSCC, deux millions de dollars (2 000 000 USD) seraient destinés aux réfugiés congolais se trouvant au Burundi, contre un million de dollars (1 000 000 USD) pour ceux supposément établis en Tanzanie.
Toutefois, l’organisation de la société civile s’interroge sur la pertinence de cette répartition, estimant que la Tanzanie ne fait actuellement pas face à une vague significative de réfugiés congolais, contrairement au Burundi où les conditions de vie des réfugiés sont décrites comme inhumaines et alarmantes, notamment dans le camp de Ruhigi.
*Opacité dans la gestion et exclusion des parties prenantes*
La NSCC dénonce également :
•une sélection non transparente des fournisseurs,
•une répartition floue des fonds,
•l’absence d’implication des parties prenantes,
et un manque criant de transparence dans tout le processus de gestion.
Pour l’organisation, ces pratiques compromettent sérieusement l’objectif principal de ces fonds, à savoir soulager la souffrance des réfugiés congolais.
*L’ambassadeur de la RDC au Burundi vivement critiqué*
Dans sa déclaration, la NSCC fustige le comportement jugé irresponsable, malsain et indifférent de l’Ambassadeur de la RDC au Burundi, accusé de passivité face aux multiples difficultés auxquelles sont confrontés les réfugiés congolais.
Selon la NSCC, son remplacement est aujourd’hui souhaité par une grande partie de la communauté congolaise vivant au Burundi, qui estime ne pas bénéficier d’un accompagnement diplomatique adéquat.
Pillages au camp de Ruhigi : la NSCC nuance
L’organisation condamne par ailleurs les incidents de pillage de vivres signalés au camp de Ruhigi, tout en précisant que ces actes seraient la conséquence directe de la mauvaise organisation de la délégation gouvernementale et du HCR, et non d’une intention malveillante des réfugiés eux-mêmes.
*Des recommandations claires et fermes*
Face à cette situation, la Nouvelle Société Civile Congolaise formule plusieurs recommandations majeures, notamment :
1.L’affectation de 90 % des fonds aux réfugiés congolais se trouvant au Burundi et 10 % à ceux de la Tanzanie ;
2.Une sélection rationnelle, équitable et transparente des fournisseurs ;
3.Une gestion responsable, participative et transparente des fonds ;
4.L’implication effective des députés nationaux et sénateurs congolais présents au Burundi dans le suivi et l’évaluation de l’utilisation de ces fonds.
*Un appel à la vigilance nationale et internationale*
La NSCC alerte enfin l’opinion nationale et internationale, rappelant que ces fonds ne sont pas destinés à enrichir des individus, mais à soulager la souffrance des réfugiés congolais, déjà éprouvés par l’exil, la précarité et l’insécurité.
Pour l’organisation, les manœuvres observées depuis l’arrivée de la délégation gouvernementale au Burundi constituent des signaux alarmants, suscitant de sérieux doutes quant à la gestion future de cette enveloppe financière.
fizimedia.ca